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Après?

Libéré? Délivré? Décalé !!

Si vous avez lu les pages précédentes, vous avez compris que cet “après” n’est qu’un faux nez, le bestiau étant toujours là, mais c’est tout de même plus cool que “pendant”. J’ai repris mes activités début mai (même si je ne suis pas resté inactif les trois mois précédents), 15 jours après la dernière chimio en gros. J’essaie de tout faire fonctionner avec l’aide de mes proches, des gens avec lesquels je travaille et de la Team, luttant contre un fond de fatigue indéniable, une fatigue sans fond (oui ça m’amusait) qui diminue très, très, (trop?) graduellement. J’ai expérimenté des niveaux d’epuisement, des creux d’énergie dont je ne soupçonnais même pas la possibilité et, pour la première fois de ma vie, je me suis senti physiquement… vieux. Quand tu montes tes trois étages avec des courses et que t’es obligé de faire une halte au second, quand tu te crèves littéralement la gueule juste en changeant les câbles et la config de ton réseau d’ordis, sans même bouger les bécanes proprement dites, et je ne parle même pas du fameux jour du Covid ou j’avançais de 20 cm à chaque pas avec la tête qui tourne, aucune force, un corps en semi-autonomie, son pilote trop atteint pour décider quoi faire.

Flashes! Hinhiiin..

Depuis, bien que je ne sois ni porté sur le morbide ni pessimiste, bien au contraire, j’ai des flashes. Que se passerait-il si… ? Qu’est-ce que ça changerait si d’un coup… ? Ces épreuves, surtout durant les deux ou trois jours où le Covid s’est invité par là-dessus, m’ont fait ressentir concrètement, de façon à la fois charnelle et intellectuelle, la fragilité permanente de notre vie biologique, à quel point on est sur une crête, un fil. Cela génère chez moi des “flashes de mort instantanée”. Popopop! On se calme hein, rien de grave mais, soudain, l’idée que tu pourrais mourir la seconde d’après te traverse l’esprit à vitesse lumière. Tu ne l’as pas vue venir, elle ne reste pas: comme un rappel, une épée de Damoclès façon madeleine de Proust. Ce n’est pas fréquent, ce qui en fait toute la poésie. Juste une manière d’appréhender les choses de façon légèrement décalée.

Odeurs

Me reste un odorat exacerbé, plutôt désagréable au quotidien. Autant j’avais kiffé retrouver des tas d’odeurs quand j’avais arrêté de fumer, au siècle dernier (!), autant là, c’est comme un amplificateur d’odeurs, heureusement moins puissant que pendant le gros du traitement. Et quand on est confronté à une odeur déjà puissante, ben c’est comme un ampli de gratte, ça sature… les cellules olfactives. J’ai donc plus souvent l’appétit coupé, par exemple si je croise le mec de la pub Axe, et je me contente de temps en temps d’un des yaourts protéinés prescrits par le nutritionniste en cas de perte d’appétit: des machins bourrés de tout, gras, protéines etc., qui te nourrissent à l’égal d’un repas. C’est pas très bon, pas dégueu non plus. Les yaourts de l’entre-deux mondes quoi.

Je ne m’intéresse toujours pas à la médecine: je considère d’ailleurs cela comme une mesure d’auto-protection et vu le nombre de gens compétents qui bossent sur mon cas, je n’ai pas à m’en soucier. J’ai encore plus de respect pour les soignants qu’avant, j’ai appris un ou deux trucs sur le cancer, sur les examens qui se pratiquent, sur certains appareils, comment ils fonctionnent, j’ai accumulé une expérience de patient, je ne ressens pas le besoin d’aller plus loin. Encore un exemple de “positionnement”, être au bon moment, au bon endroit, avoir la bonne équipe etc. Le reste…

 

Propositions décentes

Examens & divers

La cafète

Un peu de normalité dans ce monde de blouses L’hôpital est un lieu hostile, non

Après

Mauvaises humeurs

J’ai déjà parlé ici des énervements, sautes d’humeur, simples agacements que les médicaments induisaient. Ben

Après

Beau, joli, nouveau?

5 septembre, c’est mon anniversaire, j’ai 63 ans Malgré tout ce qui précède, je n’ai