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La biopsie

Vous inquiétez pas c’est comme chez l’dentiste. Aaaaaaargh!!!

Avant de lancer l’grand bins, les médecins veulent être sûrs de savoir à qui, à quoi ils ont affaire. Pour cela, ils demandent une biopsie. Cela veut dire qu’on va prélever une peu de bidoche cancéreuse sur la bête. Dans mon cas, le problème vient de la localisation des dites cellules. Rien n’est impossible, mais une biopsie sur le foie est quand même plus facile à réaliser qu’un prélèvement dans le poumon ou le crâne. C’est donc lui qui s’y colle.

Première erreur, quand je pars pour la biopsie, je reviens de la cafète donc je suis habillé, de la tête aux pieds. Le brancardier ne me dit rien à ce sujet, de toute façon ce n’était pas à lui d’y prêter attention. Et il kiffe trop mes lunettes et mes chaussures pour s’en soucier. On repasse par les tunnels pour aller dans je ne sais plus quel bâtiment en fauteuil. C’est toujours fun, on croise des chariots électriques qui se tirent la bourre, lentement mais avec une vraie envie de gagner. Ça distrait. On arrive et je me fais engueuler parce qu’en fait j’aurais dû revêtir une tenue de papier, charlotte sur le crâne etc. — On est dans un environnement chirurgical mon bon monsieur.

— Ben personne ne m’a rien dit et je ne fais pas des biopsies tous les jours.

L’infirmière se radoucit, m’assure que son ire est dirigée contre ses collègues qui ne m’ont pas préparé correctement, pas contre moi. Une fois changé, j’attends quelques minutes sur un lit à roulettes, on discute un peu avec le chirurgien (enfin je crois que c’est un chirurgien) qui va pratiquer la biopsie, tout se passe bien et, premier truc, je vois l’aiguille à biopsie: put… qu’elle est longue ! J’m’en doutais un peu mais c’est autre chose quand tu l’as sous le nez. En plus, tu comprends, enfin on t’explique, qu’on va l’enfoncer et qu’en arrivant dans la zone qui va bien, on va appuyer sur la gâchette (ouais en fait c’est une espèce de pistolet à amorces pour docteur ce truc), ça fera CLAC et le tour sera joué, la viande sera prélevée.

Jusque là… tout va bien comme dirait l’autre. Je suis sur mon flanc gauche, je vois que l’infirmière tient un truc sur mon côté droit qui retransmet à la télé, guidant le chirurgien et son aiguille démesurée. Et là, c’est le drame! Le gars, fort urbain jusqu’à présent, m’annonce qu’il va anesthésier la zone, que je ne dois pas m’inquiéter, que c’est “COMME CHEZ LE DENTISTE” ! Aaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaargh! Il aurait pu dire n’importe quoi d’autre, mais pas ça!

Pas le dentisteuh !!

Rien que m’asseoir sur un fauteuil de dentiste me demande un effort surhumain et le fait de devoir garder la bouche ouverte, mobilise tellement de mes ressources que je ne contrôle plus rien d’autre. Mon corps fuit, je ne suis plus qu’une énorme crispation et je me retrouve régulièrement à moitié en dehors du siège avec le mec qui essaie tant bien que mal de faire ce qu’il doit. J’ai déjà shooté l’ensemble du plateau sur lequel sont disposées les fraises et autres outils de torture. Une autre fois c’est le bras de la grosse lampe qui a pris, enfin bon à chaque fois j’ai l’impression d’entendre le fameux “C’est sans tancher!” de Marathon Man et je mets la journée à m’en remettre.

Non ce n’est pas moi mais c’est ça.

Bref, il aurait mieux fait de se taire sur ce coup-là car, à peine il commence sa piqûre anesthésique, je me raidis entièrement. L’infirmière me conseille de respirer, de me détendre mais c’est mort et je le lui dis, on va donner dans le pénible. Je ne sens plus la zone, il est temps d’enfoncer l’aiguille de la biopsie. Je suis tellement crispé que je peux suivre sa progression vers le foie et parallèlement, je ressens mon estomac comme une boule compacte et dure. CLAC ! C’est fait ! Bizarrement, je n’ai pas mal au foie, mais j’ai un point à l’estomac en symétrie parfaite avec l’endroit où le prélèvement a eu lieu. Ce point, je vais le sentir même le lendemain matin, c’est dingue. Les deux me pansent, me font basculer sur mon flanc droit pour compresser le foie ce qui évitera que ça saigne à l’intérieur. L’infirmière part pour rappeler un brancardier et remplir quelques papiers, tandis que le chirurgien reste et engage la conversation sur mes lunettes: “Trop bizarre, on dirait des lunettes de natation” et… mes chaussures. Mais c’est une manie ou quoi?

Ce sont deux brancardiers qui se pointent pour me raccompagner vers Achard toujours sur le même lit. Ils ne notent même pas mes lunettes et mes chaussures, je suis un peu déçu. Arrivés dans la chambre il prennent une troisième personne en renfort pour me transvaser dans mon lit sans que je bouge, je vais rester encore une heure et demie sur mon côté droit. M s’enquiert de ma forme, me demande si tout va bien. Je lui réponds en lui tournant le dos par la force des choses. Essayez vous verrez c’est marrant: vous parlez avec quelqu’un mais si une tierce personne entrait dans la chambre à ce moment-là elle vous verrait parler au mur, parce que c’est ce que vous faites. Les murs ont des oreilles dit-on.

Tout ça se termine par une soirée télé avec un film bien nul choisi par M, que j’aurais sûrement choisi aussi tellement y a rien du tout au programme. Mais faut bien qu’on amortisse l’abonnement télé 😉

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